Eidos montréal : le couperet frappe à nouveau, anfossi s'en va
Nouvelle vague de licenciements spectaculaires chez Eidos Montréal, une énième blessure pour un studio autrefois auréolé de succès. 124 emplois disparaissent, y compris celui de David Anfossi, le chef de studio, annonçant une restructuration profonde et une transformation radicale de l'entreprise, désormais cantonnée à un rôle de support et d'externalisation.

Un virage stratégique douloureux
L'annonce, laconique et publiée sur LinkedIn, ne laisse planer aucun doute : Eidos Montréal, pilier de l'industrie du jeu vidéo québécoise, abandonne ses ambitions de création originale. Le studio, qui a signé des hits comme Deus Ex: Human Revolution et la trilogie de Tomb Raider, se résigne à devenir un prestataire de services, un simple rouage dans la machine Embracer Group. La phrase “Nous avons entamé un nouveau chapitre” sonne comme un aveu d'échec, une capitulation face aux impératifs économiques.
Il ne s'agit pas d'une première. Depuis quelques mois, Eidos Montréal subit le contrecoup de décisions stratégiques discutables. En avril 2024, 75 employés avaient déjà été renvoyés. En décembre, plusieurs projets ont été annulés, signalant un changement de cap brutal. La multiplication de ces restructurations, à intervalles réguliers, laisse peu de place à l'espoir d'un redressement.
Le destin tragique d'un studio créatif
L'ironie est mordante : Eidos Montréal, autrefois reconnu pour son savoir-faire et son innovation, se retrouve à collaborer sur des projets développés par d'autres studios, comme Grounded 2 (Obsidian Entertainment) ou Fable (Playground Games), sans pour autant en être l'acteur principal. Le talent de ses équipes est désormais mis au service d'autrui, dilué dans la production de jeux qui ne porteront pas sa marque.
David Anfossi, qui dirigeait le studio depuis de nombreuses années, quitte donc le navire. Son départ, bien qu'annoncé comme “mutuel”, témoigne de la profondeur des divergences entre la direction et la nouvelle orientation imposée par Embracer Group. L'absence d'un remplaçant immédiat soulève des interrogations quant à la capacité du studio à naviguer dans cette période de transition.
La question qui se pose, avec une amertume grandissante, est de savoir ce qui restera d'Eidos Montréal. Un simple centre d'externalisation, dénué de toute ambition créative ? Le spectre d'une disparition progressive plane sur le studio, laissant derrière lui le souvenir d'une époque où l'innovation et la passion étaient au cœur de son identité. Le chiffre de 124 emplois perdus, c'est une fracture dans le tissu de l'industrie québécoise, une perte de compétences et d'expertise qui se fera sentir pendant longtemps.