Disney et les ombres du passé : un trésor oublié de fantasy

À la fin des années 80 et au début des années 90, Disney connaissait un renouveau spectaculaire, suite à des années de fluctuations importantes, notamment grâce au succès fulgurant de La Petite Sirène. Des géants comme 20th Century Fox, via Don Bluth, tentaient de copier cette formule gagnante avec des projets ambitieux comme Anastasia. Mais des équipes indépendantes, animées par la même magie, osaient également s'aventurer dans ce domaine. Un exemple frappant : La Princesse et les Grenouilles, un film hongrois méconnu, dont le scénario évoque fortement les légendes de The Legend of Zelda.

Un fantasme sombre, né de l’imaginaire de macdonald

Un fantasme sombre, né de l’imaginaire de macdonald

Avant d’aborder cette œuvre, il est crucial de souligner la ressemblance évidente avec La Petite Sirène, tant au niveau des détails que de l’atmosphère générale. Cependant, La Princesse et les Grenouilles trouve ses racines dans un roman de 1872 de l’écrivain écossais George MacDonald. L’histoire suit la princesse Irene, qui se perd dans une forêt et est sauvée par un jeune mineur, Curdie. Les antagonistes ne sont pas d’autres que les « fées », créatures maléfiques qui cherchent à s’emparer du royaume en manipulant le roi. Ensemble, les deux jeunes héros luttent contre cette menace.

Quarante ans plus tard, en 1991, un collectif hongrois-britannico-japonais adapta cette histoire en un film dont l’atmosphère sombre et onirique a marqué les esprits. La musique, notamment la chanson Chispa de Luz, a rencontré un vif succès auprès du public. Bien que le budget de 10 millions d’euros soit bien inférieur à celui des productions Disney, le film possède un charme indéniable qui lui a valu le statut de cult film auprès des amateurs de fantasy sombre.

Malheureusement, comme son prédécesseur, La Petite Sirène, il a connu un échec commercial cuisant, se révélant populaire uniquement sur les formats domestiques. Il n’a jamais dépassé les 2 millions d’euros de recettes. Une suite, intitulée La Princesse et Curdie, a été produite, mais son accueil a été si faible qu’elle n’est aujourd’hui disponible que sur des plateformes de streaming alternatives. Pourtant, ce film constitue un témoignage précieux d’une époque particulière de l’animation, une époque à laquelle nous sommes désormais très éloignés. Curiosité amère : Tolkien lui-même a admis que l’inspiration pour les orques de Le Seigneur des Anneaux venait des « fées » du roman original de MacDonald.

Une curiosité fascinante, et une illustration de la manière dont la culture populaire se nourrit mutuellement. Un film méconnu, qui mérite d’être redécouvert.