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Aphelion: don't nod se risque avec un thriller spatial glacial

L’espace, on le sait, peut être une vaste étendue de vide. Sans les vaisseaux et les batailles épiques de Star Wars, il se résume à un immense néant. Pourtant, les récits se déroulant dans le cosmos, de la survie désespérée de The Martian au frisson impitoyable d’Event Horizon, me fascinent autant qu’ils m’effraient. Ces histoires, imprégnées de solitude, de l’inconnu abyssal et des délires de l’esprit à des millions de kilomètres de chez soi, constituent une véritable source d’attraction. C’est pourquoi, l’annonce du travail de Don’t Nod sur Aphelion, un jeu se déroulant sur une planète hostile où une équipe se bat pour sa survie, a immédiatement attiré mon attention. Bien que, soyons francs, une autre raison, plus liée aux difficultés du studio français.

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Le poids des attentes et le défi de don

Le poids des attentes et le défi de don't nod

Comme vous le savez, la maison française connaît un moment délicat. Ses jeux, malgré leur qualité indéniable, peinent à convaincre le public. Plusieurs projets ont été annulés, le studio se concentrant désormais sur un avenir à long terme. Aphelion arrive donc dans un contexte particulier, celui d’une pression accrue. L’ambition narrative du jeu, et la promesse d’une immersion intense, qui m'ont maintenu captivé pendant près de dix heures, cherchant désespérément à percer le mystère qui l'entoure, sont autant d’éléments qui nourrissent l’espoir.

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Cependant, le jeu se distingue radicalement de ce que Don’t Nod a produit auparavant. Il ne s'agit pas d'une adaptation de Interstellar, cette œuvre intimiste de Nolan, qui avait suscité un vif engouement. Au contraire, Aphelion s’oriente vers une atmosphère plus angoissante, plus imprévisible, avec des aliens sinistres. En ce sens, en compagnie de Banishers: Ghost of New Eden et Life is Strange, Aphelion se présente comme l'un des projets les plus personnels, les plus humains et les plus originaux du studio, du point de vue narratif. Ariane et Thomas, deux scientifiques et astronautes, sont envoyés sur Perséfone, une planète à des années-lumière où la vie pourrait exister. Leur mission, loin d’être scientifique ou militaire, est purement de survie pour l’humanité. La situation est d'autant plus poignante que la mission s’accompagne d’une analogie frappante avec le film de Nolan : les astronautes se lancent dans une exploration périlleuse, à la recherche d’un nouveau foyer pour l’humanité, alors que la Terre est en proie à des catastrophes. Le projet de 2060, marqué par des pandémies, la pénurie de nourriture, l'instabilité politique, l'élévation du niveau de la mer et un désespoir généralisé, est le prétexte à cette course désespérée.

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Le jeu comprend parfaitement que le mystère est plus puissant que toute explication. Au lieu de viser une ambition démesurée, Aphelion privilégie une narration progressive, millimétrée, avec un rythme envoûtant qui stimule la curiosité et la doute. C'est comme une série télévisée captivante, avec des cliffhangers réguliers, nous faisant passer d'un personnage à l'autre, chacun explorant une partie différente de la planète. C'est ce rythme et cet impact narratif, capable de dire beaucoup avec peu, qui font la force du jeu. Mais derrière les deux astronautes, se cachent deux amants, unis par des mois, voire des années, de vie à bord d'un vaisseau spatial, confrontés à la nécessité de tout sacrifier pour répondre à la question que se posent plus de quatre milliards d’habitants : l’humanité a-t-elle sa place sur Perséfone ? Aphelion nous le propose, sans pour autant nous donner toutes les réponses. Il s'éloigne des choix narratifs classiques que le studio avait adoptés précédemment, privilégiant un récit linéaire et narratif. La véritable force du jeu réside dans le mystère qu’il suscite, et non dans des décisions complexes.

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J’ai même imaginé Aphelion comme une sorte de Ghost ou la conclusion de Gravity. Le studio français a tout simplement la capacité d’attirer, de nous inciter à divaguer sur ce qui pourrait bien se passer. Cette capacité à maintenir l’intérêt, souvent absente d'autres jeux, repose sur un rythme constant et un mystère omniprésent autour de ses personnages. Moins on explique, plus on est captivé. Une grande partie de l’aventure repose sur des monologues enregistrés par les deux protagonistes, destinés à être diffusés en cas de retour de communication. Ainsi, comme Ariane, poursuivie par un alien aveugle et violent sur une planète où la vie multicellulaire ne devrait pas exister, nous allons découvrir des visions de Thomas à travers le temps. Comme lui, blessé, nous explorerons le monde, réalisant que nous ne sommes pas les premiers à avoir mis les pieds sur ce sol. Nous comprendrons que l'Aphelion auquel fait référence le titre ne fait pas allusion à une première colonisation réussie, mais à une tentative désastreuse, marquée par des assassinats et des secrets enfouis. Malgré une solide narration, le jeu souffre d’un gameplay peu inspiré. Aphelion s’éloigne radicalement de ce que Don’t Nod a fait auparavant. En fin de compte, la qualité de la narration ne suffit pas si l'expérience de jeu ne suit pas. Et c'est précisément le problème auquel le studio est confronté. Le jeu est étrange, à mi-chemin entre une aventure de plateforme classique et un walking simulator. Il ne s’agit pas d’un projet ambitieux, mais d'une proposition simple et discrète, qui pourrait ne pas plaire à tous. La présence de deux personnages permet de raconter l'histoire sous différents angles, mais ne garantit pas une expérience ludique équilibrée. L’absence de