Bubbles : l'ombre du singe au cœur de 'michael', une fiction cynique.

Le biopic de Michael Jackson, ‘Michael’, ne se contente pas de revisiter les excès et les mystères de la star. Il dépeint avec une froideur calculée une relation atypique : celle du roi de la pop avec Bubbles, son chimpancé.

Un animal oublié, une fiction soigneusement orchestrée.

Un animal oublié, une fiction soigneusement orchestrée.

Alors que le film tente de restituer l’intensité de la vie de Jackson, l’attention se porte sur Bubbles, un singe rescaté d’un centre de recherche en Texas dans les années 90. Cet animal, compagnon fidèle durant des décennies, a accompagné Jackson dans ses tournées, même s’est retrouvé à assister à des événements aussi sombres que la mort de Lisa Marie Presley. Mais, contrairement à ce que pourrait suggérer le film, Bubbles n'a jamais foulé véritablement les planches. Antoine Fuqua, le réalisateur, a opté pour une solution pragmatique : une reconstitution par CGI, une approche qui, selon certains, dilue l’impact émotionnel de cette présence animale.

Il est vrai que l’équipe de production, en collaboration étroite avec PETA, a cherché à respecter la vérité historique. L’objectif n’était pas de glorifier la possession d’animaux exotiques, mais de présenter un portrait factuel du lien unique entre Jackson et Bubbles. 170 millions de dollars ont été dépensés pour ce biopic, et la représentation de Bubbles est donc, in fine, un choix esthétique et narratif.

Depuis 2005, Bubbles vit désormais sereinement au Center for Great Apes, à Wauchula, en Floride, bénéficiant du soutien financier de la famille Jackson. L’animal, aujourd’hui âgé de 43 ans, est le plus vieux de son groupe. La famille continue à assurer son bien-être, une marque de respect pour cet animal qui a partagé les moments les plus marquants de la vie de Michael.

Le film, malgré son ambition, soulève des questions. La décision de ne pas utiliser un singe réel, même pour des apparitions éphémères, est-elle un aveu d’impossibilité ou un choix artistique délibéré ? La représentation de Bubbles, purement numérique, ne risque-t-elle pas de dénaturer la complexité de cette relation singulière ? Il est clair que ‘Michael’ explore les zones grises de la vie de l'artiste, sans jamais pour autant offrir de réponses faciles. L’histoire de Bubbles, dans ce contexte, n’est qu’un reflet, une projection, d’un fantasme, d’une obsession.