Disney déconstruit la belle et la bête : un spin-off sur les méchantes soeurs en préparation
Disney s'apprête à revisiter un conte que l'on croyait maîtrisé. Loin de se contenter de l'éternelle histoire de La Belle et la Bête, le studio aux grandes oreilles se tourne vers un angle inattendu : les infâmes soeurs de Cendrillon. Un pari audacieux, mais qui pourrait s'avérer payant, si l'on en croit le succès de ses précédentes adaptations en prises de vues réelles.

Un regard inédit sur la cruauté familiale
L'idée, qui prend forme sous la houlette de Akiva Schaffer, Dan Gregor et Doug Mand (les artisans de Chip et Chop : Les Gardiens Rescateurs), consiste à explorer les origines de ces personnages souvent réduits à de simples caricatures. Pourquoi, au juste, sont-elles si malveillantes ? Quel est le contexte familial qui a pu façonner cette personnalité revêche, en parfaite résonance avec celle de leur mère ? L'enjeu est de comprendre, au-delà du cliché de la belle-mère tyrannique, les dynamiques complexes qui se jouent au sein de cette famille dysfonctionnelle.
L'adaptation live-action de 2015, réalisée par Kenneth Branagh et portée par Lily James, Cate Blanchett et Helena Bonham Carter, avait déjà récolté un impressionnant 84% d'approbation sur Rotten Tomatoes, surpassant même des remakes comme Le Roi Lion ou Aladdin. Mais cette version, bien que visuellement réussie et riche en interprétations, se concentrait, comme le conte original de Charles Perrault, sur le parcours héroïque de Cendrillon. Le spin-off promet donc une plongée plus profonde dans l'ombre de la féerie, une exploration de la face sombre d'une histoire que l'on pensait connaître par cœur.
Le projet, dont le titre provisoire est Stepsisters, s'inscrit dans une tendance plus large de la narration contemporaine : la réhabilitation des méchants. Au lieu de les diaboliser, on cherche à comprendre leurs motivations, à humaniser leurs failles. Il ne s'agit plus de simples antagonistes, mais de personnages complexes, porteurs de leurs propres blessures et de leurs propres traumatismes. Ce changement de perspective pourrait bien renouveler l'intérêt pour les contes de fées, en les débarrassant de leur aspect moralisateur et en les investissant d'une dimension psychologique plus riche.
L'annonce de ce spin-off soulève déjà des interrogations. Pourra-t-il égaler le succès de la version originale ? Sera-t-il capable de donner une nouvelle profondeur à des personnages déjà bien établis ? Seul l'avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : Disney prend un risque, un risque calculé, mais un risque tout de même, en mettant les soeurs de Cendrillon sur le devant de la scène.
