K-pop : la folie des cartes pokémon bis ?
La frénésie entourant le film d'animation Les Guerrières K-Pop ne faiblit pas, et avec elle, une spirale de revente qui rappelle douloureusement l'épisode controversé de McDonald's et Pokémon. Alors que le long métrage continue de dominer les classements sur Netflix et que de nouvelles collaborations s'enchaînent, le prix des cartes à collectionner dérivées du film s'envole, alimentant une course effrénée qui menace de dénaturer l'expérience pour les collectionneurs occasionnels.

Le happy meal devenu champ de bataille
La collaboration avec McDonald's, tout d'abord perçue comme une simple promotion ludique, s'est rapidement transformée en un terrain de jeu pour les revendeurs. Les menus Happy Meal aux couleurs de HUNTR/X et des Saja Boys, censés ravir les plus jeunes, sont désormais systématiquement achetés en grande quantité, non pour leur contenu alimentaire, mais pour les cartes à collectionner qu'ils renferment. La collection, composée de 13 cartes de rareté variable – cinq exclusives aux menus HUNTR/X, sept chez les Saja Boys et une carte commune étonnamment rare – a ravivé les tensions entre collectionneurs passionnés et spéculateurs sans scrupules.
L'engouement est particulièrement prononcé pour les cartes holographiques de Rumi et Jinu, véritables pièces maîtresses de la collection. Sur eBay, ces cartes se négocient déjà à des prix défiant toute raison, atteignant parfois les 100 dollars. Un prix exorbitant pour une carte obtenue dans un Happy Meal, qui rappelle l'époque où les Burgerchu Pokémon étaient vendus à prix d'or. L'ironie est amère : la promotion, initialement pensée pour susciter l'enthousiasme autour du film, pourrait bien se solder comme un fiasco, à l'image de la controverse qui a secoué McDonald's avec Pokémon.
La rareté, paradoxalement, est un facteur clé. La carte commune, censée être la plus accessible, est en réalité la plus recherchée, chaque membre des HUNTR/X et des Saja Boys possédant sa propre version. Les cartes rares et holographiques, quant à elles, sont les objets de convoitise des revendeurs, qui ne reculent devant rien pour s'emparer de ces précieux sésames. Le paradoxe est flagrant : la valeur marchande de la carte dépasse largement le coût du menu, incitant les spéculateurs à jeter les Happy Meal non consommés après avoir extrait leur butin, un gaspillage alimentaire qui a déjà alerté les autorités lors de l'épisode Pokémon.
Le film Les Guerrières K-Pop, qui a déjà rapporté plus de 19,2 millions de dollars au box-office avec un budget de 100 millions, voit donc son succès terni par cette fièvre spéculative. Reste à savoir si les responsables de la promotion prendront des mesures similaires à celles adoptées par McDonald's lors de l'affaire Pokémon, et mettront fin à cette dérive avant qu'elle ne gâche l'expérience des collectionneurs et ne conduise à un nouveau scandale.
