Terminator: dark fate: des illusions hollywoodiennes tournées à madrid
On l’a souvent dit, Hollywood n’est pas avare de raccourcis pour maximiser ses profits. Mais le dernier exemple, avec le tournage de Terminator: Dark Fate à Madrid, illustre d’une manière particulièrement flagrante cette tendance à la délocalisation cynique. Loin de se soucier de l’authenticité géographique, le blockbuster a préféré le pragmatisme financier, au détriment de l’immersion spectaculaire.

Un décor de cinéma, une réalité déformée
Certes, le film se déroule officiellement entre le Mexique et le sud du Texas. Une narration qui, sur papier, promettait une ambiance frontalière tendue et réaliste. En réalité, une grande partie de l'action a été délocalisée en Espagne, transformant le quartier de Pueblo Nuevo à Madrid en une version bidon de la frontière américano-mexicaine. Les commerces, les façades, les noms de rue, tout a été méticuleusement modifié pour tromper le spectateur. Un effort considérable, reconnaissons-le, mais qui souligne avant tout la priorité accordée à la rentabilité plutôt qu'à l'authenticité du récit.
Il faut saluer le travail des équipes de production, des figurants, des techniciens et des artistes du décor, qui ont réussi à créer une illusion convaincante. Peu de spectateurs ont d’ailleurs réalisé qu’ils regardaient des scènes filmées dans la capitale espagnole, et non pas dans le chaos urbain de CDMX. Des séquences d'atterrissages futuristes, des poursuites haletantes. tout a été mis en œuvre pour masquer la réalité géographique.
Le film, qui a également nécessité l'intervention d'acteurs espagnols tels que Enrique Arce, Tristán Ulloa et Alicia Borrachero, n’est qu’une pièce d’un puzzle plus vaste. Des extérieurs spectaculaires ont également été tournés à Murcie et à Almería, exploitant le paysage désertique de cette dernière région. La plage du Rinconcillo, à Almería, a servi de décor pour l'impressionnante scène d'atterrissage initiale, tandis que la presa de Aldeadávila a été transformée en un barrage en flammes.
Terminator: Dark Fate, malgré ses ambitions visuelles et son casting prestigieux (Linda Hamilton, Arnold Schwarzenegger), reste un divertissement léger, un simple passe-temps. Si l’on parvient à oublier les ambitions narratives des deux premiers volets, on peut tout de même apprécier le spectacle d’une soldate améliorée du futur, incarnée par Mackenzie Davis, chargée de protéger une jeune femme (Natalia Reyes) d’un cyborg assassin (Gabriel Luna), avec l'aide précieuse de Sarah Connor (Linda Hamilton) et d'un vieux T-800, bien sûr.
Le film est diffusé ce 1er avril à 22h55 sur FDF via la TDT, mais il est préférable de le visionner sur Disney+, où il est encore disponible. Une expérience visuelle acceptable, mais qui ne changera pas la face du Cinéma d'action.
