Torrente 5 : hollywood rêvait de copier la folie espagnole

Santiago Segura a encore frappé. Le succès phénoménal de Torrente, Président, avec plus de sept millions d'euros en box-office lors de son premier week-end, prouve que la comédie de l'expolice machiste a encore de beaux jours devant elle. Mais au-delà des chiffres, cette nouvelle vague de succès soulève une question fascinante : pourquoi Hollywood n'a-t-il jamais osé s'attaquer à ce personnage aussi singulier ?

Un projet américain improbable

Un projet américain improbable

L'idée n'est pas nouvelle. Dans les années 2010, New Line Cinema, la société derrière Borat, avait sérieusement envisagé un remake de Torrente. L'attrait était évident : un personnage grossier, politiquement incorrect et moralement douteux, mais capable de captiver un large public. Sacha Baron Cohen avait même été courtisé pour le rôle. Le studio avait confié la tâche de l'écriture à Alec Berg, Jeff Schaffer et David Mandel, des scénaristes de renom de la télévision américaine, connus pour leur humour décalé.

Le projet, initialement prometteur, n'a jamais vu le jour. Les raisons ? Difficiles à cerner, mais probablement liées à une crainte de ne pas réussir à reproduire la magie du personnage d'origine. Car Torrente ne se résumait pas à ses gags et à sa vulgarité. C'était la capacité de Santiago Segura à en faire une satire acerbe de la société espagnole, à peindre un portrait réaliste et souvent douloureux de la picaresque et de la misère quotidienne qui rendait la série si attachante.

Bien sûr, le succès de Torrente 5 est dû à de nombreux facteurs : une promotion discrète mais efficace, un timing parfait et une nostalgie bien présente. Mais il est indéniable que le projet américain, bien que jamais concrétisé, témoigne de l'intérêt que suscitait ce personnage chez les studios de Cinéma. Il reste une curiosité, une occasion manquée pour Hollywood de s'approprier un humour différent, plus cru, plus authentique.

Le succès de Torrente 5 est un rappel que l'humour, même le plus décalé, peut transcender les frontières. Et que la folie espagnole peut toujours séduire les États-Unis.