Aeterna noctis : le metroidvania qui redéfinit les attentes

Vous connaissez ce sentiment ? Vous venez de terminer un jeu qui vous a laissé bouche bée, un chef-d'œuvre qui a redéfini les limites de son genre. Et puis, le vide. La quête désespérée du suivant, de celui qui pourrait reproduire cette magie. C'est la malédiction de l'excellence, une spirale sans fin de comparaisons.

La recherche frustrante d'un héritier digne de silksong

Beaucoup d'entre nous, joueurs passionnés, avons ressenti cette frustration après avoir achevé Hollow Knight: Silksong. Le jeu a placé la barre si haut pour les metroidvanias que peu d'expériences ont réussi à capturer cette même alchimie. On se souvient des promesses non tenues, des jeux qui semblaient prometteurs mais qui, finalement, ne parvenaient pas à reproduire l'intensité, la finesse et la direction artistique de Silksong. C'est une boucle familière, celle qui suit la fin d'un Slay the Spire 2 ou d'un Hades 2, des références incontestables dans leurs domaines respectifs.

J'ai testé de nombreux titres après Silksong, certains plaisant, d'autres agréables, mais aucun n'a réussi à me procurer le même sentiment d'émerveillement et de défi. MIO: Memories in Orbit, par exemple, était un jeu indéniablement bon, mais la déception était palpable en réalisant à quel point il manquait de la profondeur et de la complexité de Silksong. Le même constat s'est appliqué à Constance, malgré ses qualités indéniables.

Il est vrai que terminer un excellent jeu laisse un vide. Le sentiment qu'il n'y aura plus rien de comparable, que le reste de ma vie sera une succession de comparaisons infructueuses avec le sublime. Mais il y a une lueur d'espoir, un titre qui a réussi à me sortir de cette spirale : Aeterna Noctis.

Un retour inattendu et un plaisir retrouvé

Un retour inattendu et un plaisir retrouvé

J'avais brièvement joué à Aeterna Noctis à sa sortie, peu après la naissance de mon second enfant, une période où le sommeil était un luxe rare et la mémoire, un terrain vague. Je n'en avais gardé qu'un vague souvenir positif, une impression de jeu agréable mais sans plus. C'est en le redécouvrant récemment que j'ai réalisé à quel point j'avais tort. Le jeu, développé par une équipe talentueuse à Talavera de la Reina, a subi des ajustements notables en termes de rythme narratif, de guidance du joueur et d'équilibrage des combats.

Ce qui frappe immédiatement, c'est la manière dont Aeterna Noctis exploite les mécaniques du genre pour servir son récit. Le jeu est divisé en cycles, où le monde est gouverné soit par le roi de l'obscurité, soit par la reine de la lumière. Le perdant doit alors partir en quête de ses pouvoirs perdus, un parcours humiliant et éprouvant. Vous incarnez, dans cette optique, le roi déchu, contraint de ramper à travers le monde, subissant les moqueries de ses anciens sujets. Un récit de rédemption et de perte de pouvoir, superbement intégré à la progression du joueur.

Mais ce qui rend Aeterna Noctis véritablement exceptionnel, c'est son dynamisme constant. Comme Silksong, il comprend une variété impressionnante de situations : des phases de plateforme exigeantes, des combats intenses, des boss redoutables, et une alternance intelligente entre ces différents éléments. Le jeu sait constamment vous surprendre, vous forcer à vous adapter, à utiliser vos compétences de manière créative. Il ne s'agit pas d'un simple metroidvania linéaire, mais d'une aventure en constante évolution.

Le fait que le jeu ait été salué par la communauté, notamment sur les réseaux sociaux, est révélateur : si Aeterna Noctis avait été développé en dehors de l'Espagne, il serait sans doute considéré comme l'un des plus grands jeux du genre. C'est une critique subtile du manque de reconnaissance accordée aux talents nationaux.

Aeterna Noctis est un jeu intelligent, ambitieux et incroyablement divertissant. Le moment est donc idéal pour s'y plonger, avant la sortie de sa suite, Aeterna Lucis. Je recommande vivement PC ou console, mais attention à la version Switch, qui présente quelques problèmes de performance. Sur Steam Deck, l'expérience est acceptable, mais nécessite quelques ajustements de résolution et de framerate. Le personnage principal, légèrement petit par rapport à celui de Hollow Knight, peut parfois rendre la lecture des scènes difficile. Malgré cela, Aeterna Noctis est un metroidvania qui mérite amplement l'attention, et qui pourrait bien être le plus grand et le plus méconnu de son genre.

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