Disney bravera face aux critiques : maui gardera sa perruque
Disney refuse de céder à la pression. Malgré une vague de critiques acerbes sur Internet concernant l'apparence de Maui dans le remake en prises de vues réelles de La Légende d'Aïna (Moana), le studio maintient sa ligne et ne prévoit aucune modification majeure à quatre mois de la sortie du film. Une décision qui pourrait surprendre, alors que l'industrie a déjà connu des revirements spectaculaires face à la colère des fans.
Un cgi contesté et des couleurs ternies
Le nouveau trailer avait déjà mis le feu aux poudres, non seulement à cause de la perruque de Dwayne “The Rock” Johnson, jugée artificielle et rappelant vaguement le propre crâne dégarni du comédien, mais aussi en raison d'un recours excessif aux effets spéciaux et d'une palette de couleurs délavée, en rupture flagrante avec la vivacité du film d'animation original. Les réseaux sociaux ont fusé d'insultes, allant de comparaisons avec de la “déchet d'IA” à des moqueries assimilant le film à une publicité T-Mobile.
Mais Disney, apparemment, reste insensible. Selon Variety, le studio est conscient de la tempête médiatique, mais considère que les modifications nécessaires pour satisfaire tous les détracteurs seraient trop coûteuses et chronophages à ce stade du processus de post-production.
La perruque, un symbole de l'intégrité du personnage. Johnson lui-même, dans une interview à Entertainment Weekly, a justifié le choix de la perruque en expliquant qu'elle était “cruciale et importante” pour “respecter l'intégrité du personnage” issu du film d'animation, où Maui est fier de sa chevelure. L’acteur a confirmé que l’idée d’une chevelure entièrement générée par ordinateur avait été envisagée, mais abandonnée au profit d'une solution plus “coûteuse et chronophage”.
Ce n'est pas la première fois que Disney fait face à ce genre de réactions. Le studio a déjà été critiqué pour ses remakes en prises de vues réelles, mais a toujours maintenu le cap, préférant peaufiner les effets visuels et la colorimétrie plutôt que de remanier fondamentalement le casting ou le scénario.

Le cas sonic : une leçon oubliée ?
Il est curieux de constater que Disney semble ignorer les leçons tirées par Paramount avec le film Sonic the Hedgehog. En 2019, face à une levée de boucliers massive suite à la présentation d'un Sonic aux traits inhumains et aux doigts disproportionnés, le studio avait pris la décision inédite de refaire entièrement le personnage, entraînant un retard de sortie. Le film, finalement relancé avec un Sonic radicalement différent, avait rencontré un succès retentissant et avait donné naissance à une franchise lucrative.
La différence, peut-être, réside dans l'envergure des enjeux. Alors que Sonic the Hedgehog était un pari risqué, La Légende d'Aïna s'inscrit dans une stratégie de diversification de Disney, qui a déjà prouvé son efficacité avec le remake de Lilo & Stitch, ayant dépassé le milliard de dollars au box-office l'année dernière, et qui prépare déjà une suite. L'arrivée imminente de projets comme un spin-off centré sur Clochette pour Disney+ et des adaptations live-action de Hercule et Bambi témoigne d'une ambition démesurée.
Le film sortira le 10 juillet prochain. Le box-office nous dira si les spectateurs pardonneront à Disney cette inflexibilité. Mais une chose est sûre : l'épisode de La Légende d'Aïna marquera un tournant dans la relation entre les studios et le public, et soulèvera la question de la place de la créativité face à la dictature du
