Laliga intensifie son bras de fer avec les vpn : des sites innocents pris dans la nasse ?
La lutte contre la piraterie atteint un nouveau palier. LaLiga, déterminée à protéger ses droits de diffusion, a obtenu l'autorisation de bloquer l'accès à des domaines et adresses IP via les fournisseurs de VPN, une mesure qui s'avère plus radicale qu'il n'y paraît.

Des listes noires qui fauchent plus que les pirates
Les résolutions du Conseil Général du Pouvoir Judiciaire, concernant NordVPN et Proton VPN, révèlent l'ampleur de cette offensive. Des noms comme rojadirectaenvivo.pl, pirlotvonline.pl, et bien d'autres, figurent sur les listes, ainsi que leurs adresses IP correspondantes. L'objectif est clair : interdire la diffusion illégale du football. Mais le revers de la médaille est loin d'être anodin.
Le véritable problème réside dans le partage des adresses IP. Ces adresses ne sont pas exclusivement dédiées aux sites de streaming illégal. Elles sont utilisées par de nombreuses entreprises, dont Cloudflare, pour héberger une multitude de pages web. Le résultat ? Des sites parfaitement légitimes et innocents se retrouvent bloqués, victimes collatérales d'une politique de lutte contre la piraterie qui manque de finesse.
L'utilisation d'un outil de Reverse IP révèle l'absurdité de la situation. Une simple recherche permet de constater que de nombreuses adresses IP sont partagées par des dizaines de sites, certains n'ayant absolument rien à voir avec la diffusion illégale de contenus sportifs. Il en ressort une image troublante : LaLiga, dans sa quête acharnée pour protéger ses intérêts, risque de bloquer des services essentiels et de nuire à la liberté d'accès à l'information.
Le juge avait pourtant précisé que la simple consultation d'un match piraté ne constituait pas nécessairement une infraction. Alors, jusqu'où ira-t-on dans cette escalade ? LaLiga conserve la capacité d'élargir les listes de domaines et d'adresses IP à bloquer, ce qui laisse présager une intensification des mesures.
Cette situation soulève une question fondamentale : est-il justifié de sacrifier la liberté d'Internet au nom de la protection des droits d'auteur ? La réponse, même si elle est complexe, ne peut se faire au détriment des utilisateurs innocents pris au piège de cette guerre sans merci.
En France, où la possibilité de bloquer VPN, proxys et services DNS a déjà été évoquée, l'affaire LaLiga pourrait bien devenir un précédent inquiétant.
