Lg oled g6 : le miracle du 3500 nits, une réalité nuancée

Les promesses de LG concernant sa nouvelle OLED G6 ont fait l'effet d'une bombe dans le monde de l'image. Un pic de luminosité atteignant 3500 nits ? Une gestion des couleurs révolutionnée grâce au traitement 12 bits ? Un processeur Alpha 11 Gen3 capable de prouesses visuelles ? Après des semaines d'attente, les premiers tests sont tombés, et la réalité se révèle plus complexe qu'il n'y paraît.

Le graal de la luminosité : une performance à double tranchant

Oui, la LG OLED G6 atteint effectivement les 3300 nits tant vantés. Vincent Teoh, gourou du site HDTVTest, l'a confirmé sur deux exemplaires. Mais attention, ce chiffre est obtenu dans des conditions très spécifiques : une petite surface de l'écran (1% ou 2%) en mode FILMMAKER. Au fur et à mesure que la surface éclairée augmente, la luminosité chute drastiquement. On parle de 2800 nits à 5%, de 2300 nits à 10% – le standard de l'UHD Alliance – et d'un simple 400 nits en plein écran. Une stratégie classique, il faut le reconnaître, employée par tous les fabricants qui privilégient les mesures en 1% de fenêtre, souvent dans des modes d'image peu réalistes (Dynamique, Vif).

Ce qui distingue LG, c'est qu'elle a au moins respecté sa promesse dans un mode d'image correct, le FILMMAKER. Toutefois, ce mode applique une courbe EOTF relevée, ce qui se traduit par une image légèrement plus « lavée » dans les scènes sombres. Une décision assumée par LG, qui cherche à reproduire le rendu d'un moniteur de référence Sony BVM-X3110. L'entreprise a d'ailleurs annoncé une correction de ce paramètre dans un prochain firmware, rassurant signe de son engagement envers la qualité d'image.

Alpha 11 gen3 : un processeur qui redéfinit les standards

Alpha 11 gen3 : un processeur qui redéfinit les standards

L'année dernière, les OLED LG avaient souffert de problèmes de gradations de couleurs, notamment des phénomènes de posterisation et de banding, particulièrement perceptibles dans les scènes sombres. LG avait su rectifier le tir grâce à ses mises à jour, mais certains défauts persistaient. C'est là qu'intervient le processeur Alpha 11 Gen3. Sa fabrication en 6 nanomètres, bien plus efficace énergétiquement, permet d'optimiser le fonctionnement du GPU et du NPU (Neural Processing Unit), dédié aux tâches d'intelligence artificielle. Il offre un gain de puissance de 70% sur le GPU et permet un traitement de l'image en 12 bits, de bout en bout. Autrement dit, on passe de 1024 à 4096 niveaux de couleurs, ce qui élimine de manière spectaculaire les problèmes de gradations en HDR. Le résultat est saisissant : les transitions de couleurs sont plus douces, les détails dans les zones d'ombre sont plus précis, et l'image gagne en profondeur.

La LG OLED G6 s'annonce donc comme une évolution notable de la G5, plus que comme une révolution complète. LG semble adopter une stratégie de développement en deux temps : une année, on observe un bond technologique majeur, avec quelques imperfections inévitables ; l'année suivante, on affine et on optimise cette nouvelle technologie. Après la G1 (saut), la G2 (affinement), la G3 (saut), la G4 (affinement), la G5 (saut), il semble que la G6 soit l'étape de perfectionnement du modèle G5. Un pari audacieux, mais qui pourrait bien donner naissance à l'un des meilleurs téléviseurs du marché.