Movistar renverse la hiérarchie télécom en espagne
Le marché des télécommunications espagnol connaît un séisme. Alors que Digi, adoubée comme l'agrèsseur de prix, ralentit sa cadence de conquête, Movistar, longtemps dans l'ombre, revient en force, doublant presque ses portabilités. Un revirement spectaculaire qui bouscule les équilibres et laisse entrevoir une recomposition du paysage.
Le retour en grâce de movistar
Les chiffres, bien que provisoires en attendant les données définitives de la CNMC, sont éloquents. Si Digi continue d'attirer des abonnés, son rythme de croissance s'essouffle. À l'inverse, Movistar affiche une performance fulgurante. Entre le premier trimestre 2025 et 2026, les lignes mobiles nettes ont grimpé de 29 000 à 57 000, une augmentation quasi exponentielle. Le service fibre, longtemps en retrait, corrige également le tir : après une perte de 17 000 clients l'année précédente, Movistar affiche désormais un gain de 1 600.
Cette résurrection ne relève pas du hasard. Telefónica, maison mère de Movistar, a misé sur la qualité de ses lignes et de ses réseaux, tout en capitalisant sur son statut de diffuseur exclusif du football – un atout indéniable pour attirer et fidéliser les abonnés. Les promotions agressives, notamment celles ciblant directement Digi, ont également joué un rôle déterminant dans ce rebond.

Digi freine la chevauchée
Le ralentissement de Digi est un fait indéniable. Si les prix bas restent son principal argument, la croissance, autrefois galvanisée, montre des signes de fatigue. Entre janvier et février, l'opérateur avait enregistré 200 000 portabilités nettes sur le marché mobile, mais ce rythme a chuté de 13%. La portabilité fixe suit la même tendance, passant de 62 000 à 53 000 lignes. Le modèle disruptif de Digi, fondé sur une course aux prix effrénée, semble toucher ses limites.
Vodafone, quant à elle, n'a pas réussi à inverser la tendance, accumulant les pertes de lignes mobiles et de fibres. Le contraste avec Movistar est saisissant, soulignant l'efficacité de la stratégie de Telefónica.
La bataille fait rage, et les opérateurs les plus petits voient leur position fragilisée. Movistar et O2 prennent de l'ascendant, tandis que les autres luttent pour leur survie.
Il reste à voir si cette dynamique se confirmera sur l'ensemble de l'année, mais une chose est sûre : le marché des télécommunications espagnol est en pleine mutation. La qualité de service, la diversification de l'offre et le positionnement stratégique semblent désormais plus importants que la seule guerre des prix.
