Ordinateurs quantiques : bennett et brassard récompensés, un pari risqué ?

Le prix Turing 2025, la plus haute distinction en informatique, est décerné à Charles H. Bennett et Gilles Brassard pour leurs travaux fondateurs sur l'informatique quantique et la cryptographie quantique. Une reconnaissance décennale pour des concepts qui façonnent déjà l'avenir, mais dont l'utilité concrète reste encore à démontrer.

Le bb84 : le début d'une révolution

En 1984, ces deux chercheurs ont inventé le BB84, le premier protocole de cryptographie quantique viable. Un pas de géant qui a permis d'envisager une communication sécurisée par les lois de la physique, et non par des algorithmes complexes.

Des concepts qui ont changé la donne

Leur contribution ne s'arrête pas là. Ils ont posé les bases de la téléportation quantique (1993), de l'informatique quantique en général, et de l'utilisation de l'intrication quantique comme ressource d'information. L'intrication, cette connexion étrange entre deux particules, est au cœur de cette technologie.

La liste de leurs découvertes est impressionnante : la transmission d'états quantiques via l'intrication et la communication classique, la sécurité quantique de l'information, la détection de l'espionnage par perturbation quantique, et la base conceptuelle des réseaux quantiques – voire d'une future Internet quantique. Leur travail a établi un pont entre physique et informatique, donnant naissance à une discipline entièrement nouvelle.

La nomination de Bennett et Brassard coïncide avec la désignation de 2025 comme l'Année Internationale de la Science et de la Technologie Quantiques par l'ONU. C'est un signal fort, mais aussi une occasion de se demander où en est réellement cette révolution technologique.

Des ordinateurs quantiques, une promesse encore lointaine ?

Des ordinateurs quantiques, une promesse encore lointaine ?

Les ordinateurs quantiques existent bel et bien. On peut les trouver dans les laboratoires et même sur le cloud, capables de manipuler des qubits et d'exécuter des algorithmes complexes. Mais ils ne sont pas encore prêts à remplacer nos ordinateurs classiques pour les tâches quotidiennes.

Cette technologie est survalorisée. On en parle avec une emphase parfois démesurée, alimentant des investissements massifs. Mais la rentabilité pratique reste limitée, et il faudra probablement une dizaine d'années avant de voir des applications concrètes à grande échelle. On peut comparer cela aux premiers ordinateurs personnels des années 80 : prometteurs, mais loin de la puissance de calcul que nous connaissons aujourd'hui.

La question de la