Pegi durcit son jugement : les loot boxes et les achats intégrés menacent les jeunes joueurs

L'organisme européen PEGI, chargé de l'évaluation des jeux vidéo, vient de secouer le monde du Divertissement numérique. Après des années de critiques sur le manque de rigueur face aux mécaniques de jeu potentiellement addictives, PEGI annonce une refonte majeure de ses procédures d'évaluation, impactant directement la classification d'un nombre conséquent de titres. Il ne s'agit pas d'une simple adaptation, mais d'un véritable tournant.

Loot boxes, achats intégrés : une nouvelle ère de transparence

Loot boxes, achats intégrés : une nouvelle ère de transparence

Dirk Bosmans, le directeur général de PEGI, a révélé l'ampleur de ces changements lors d'une interview exclusive avec Eurogamer UK. L'objectif est clair : mieux protéger les jeunes joueurs en les informant de manière plus précise sur les pratiques susceptibles de les inciter à dépenser de l'argent réel dans les jeux. Les descriptifs de contenu, autrefois suffisants, ne le sont plus. Il est temps d'agir.

Concrètement, les jeux proposant des systèmes de paiement limités dans le temps, comme les « Passe de Combat » dont les récompenses disparaissent après quelques jours ou semaines, se verront attribuer la classification PEGI 12. L'argument avancé est simple : ces systèmes exercent une pression sur les joueurs pour qu'ils reviennent régulièrement au jeu et dépensent de l'argent. Une option pour désactiver ces mécaniques pourrait toutefois permettre d'obtenir la classification PEGI 7. Mais, pour l’instant, cette possibilité reste embryonnaire.

Le véritable choc concerne les loot boxes. Qu'elles soient sous forme de sobres à ouvrir, de mécaniques « gacha » ou de clés, leur présence entraînera automatiquement une classification PEGI 16. Les expériences de casino sur mobile, elles, se verront attribuer la classification PEGI 18. Une approche radicale, mais nécessaire, pour tenter de « boucher ces failles légales », comme l'exprime Bosmans. L'organisation ne rejette pas l'idée d'une classification PEGI 12 pour les jeux où les loot boxes sont désactivées par défaut, mais reconnaît que cette option est pour le moment inexistante sur le marché.

L'incitation à la régularité, un nouveau critère d'évaluation Par ailleurs, les jeux qui encouragent les joueurs à se connecter quotidiennement pour maintenir une « série » ou atteindre des objectifs quotidiens se verront attribuer le label PEGI 7. Ce dernier pourrait grimper à PEGI 12 si un « Passe de Combat » est également présent, renforçant l'incitation à la consommation. Il ne s'agit pas d'interdire Animal Crossing, mais d'informer les parents sur ces mécanismes subtils.

Enfin, et c'est un point crucial, les communautés en ligne non modérées recevront une classification PEGI 18. « Si les développeurs n'ont aucun moyen de restreindre le texte, la voix, la vidéo ou d'autres formes de chat, ce jeu se verra attribuer un PEGI 18 », affirme Bosmans. Une mesure forte pour lutter contre le harcèlement et les contenus haineux.

Ces changements, que Bosmans qualifie de « la mise à jour la plus significative de l'histoire de PEGI », marquent un tournant majeur. L'organisme reconnaît avoir tardé à s'attaquer à ces problématiques, mais affirme désormais vouloir agir de manière plus proactive pour protéger les joueurs. Reste à voir comment les développeurs réagiront à ces nouvelles exigences, et si ces mesures auront réellement un impact sur les comportements des joueurs.

L'avenir du jeu vidéo européen, et en particulier celui des jeunes joueurs, pourrait bien en dépendre. Car, au-delà des classifications, c'est une question de responsabilité qui se pose : celle des développeurs, mais aussi celle des parents et des joueurs eux-mêmes.