Ramageddon : les fabricants de mémoire accusés de manipulation de prix

Une tempête de prix frappe le marché de la mémoire vive. Alors que les pénuries de composants électroniques ont secoué l’industrie en 2020 et 2021, une nouvelle crise, celle de la mémoire, menace désormais les ordinateurs, les smartphones et les serveurs. Les chiffres sont alarmants : une flambée des prix de 170% à 500% en seulement deux ans, et un pic attendu d’ici fin 2026 avec une augmentation de 40% du prix de la RAM.

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Une action collective en cours aux états-unis

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Samsung, SK Hynix et Micron, les trois géants de la mémoire, sont aujourd’hui pris dans le feu des critiques. Une action collective, intentée par des consommateurs et entreprises américains, les accuse de manipulation délibérée des prix et de restriction concertée de la production de mémoire DRAM. Le dossier est complexe, mais le fond est simple : ces entreprises auraient orchestré une baisse artificielle de l’offre pour gonfler artificiellement les prix.

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Le texte juridique met en lumière une stratégie lucide : la réduction de la production de modules DDR3 et DDR4, présentée comme une justification pour les hausses de prix des nouvelles générations de mémoire, DRAM. Mais l’enjeu dépasse largement la simple justification technique. Il s’agit d’une volonté délibérée de préserver les marges bénéficiaires, au détriment des acheteurs.

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Si les fabricants ont effectivement réduit la production de ces standards plus anciens, comme l’a révélé 3D Games, il ne s’agit pas d’une simple conséquence du marché. Le véritable mobile serait la redirection massive des ressources vers le standard HBM, une technologie de mémoire ultra-rapide et à faible consommation d’énergie, mais aussi moins rentable. Cette décision, loin d’être anodine, a créé un vide sur le marché des modules DDR3 et DDR4, exacerbant la spéculation et les prix exorbitants.

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Le problème fondamental est donc une décision stratégique : sacrifier les produits existants au profit d'une technologie future, sans tenir compte des conséquences sur les consommateurs. Un choix qui, selon les demandeurs, constitue une violation des lois antitrust.

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Un passé trouble pour ces acteurs

Un passé trouble pour ces acteurs

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Cette affaire ne manque pas de rappeler les controverses passées. En 2005, Samsung et SK Hynix avaient déjà été condamnées pour fixations de prix abusives. En 2016-2018, le gouvernement chinois avait également ouvert une enquête, suspectant les mêmes entreprises de pratiques anticoncurrentielles. L’histoire semble vouloir se répéter, avec des accusations similaires et des sanctions potentielles.

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Micron, qui a récemment signé des contrats à long terme garantissant des prix fixes, semble avoir anticipé cette crise. La compagnie a choisi de sécuriser ses revenus sur le long terme, en misant sur le standard HBM. Mais cette stratégie, bien que financièrement attrayante, risque de laisser de nombreux consommateurs et entreprises dans l'attente d'une baisse des prix, dont l'horizon reste incertain.

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