Samsung s95h : le mirage des 4500 nits ? décryptage d'une promesse manquée
Samsung a encore frappé. Ou plutôt, un peu déçu. Alors que la barre des performances OLED est de plus en plus haute, le constructeur coréen semble reproduire un schéma familier : des annonces spectaculaires au CES, suivies d'une réalité moins étincelante. La Samsung S95H, fleuron de la gamme 2023, ne fait pas exception, confirmant une tendance que l'on retrouve chez LG et d'autres acteurs majeurs du marché.
Les chiffres en cause : une question de perspective
L'annonce initiale, lors du salon de Las Vegas, parlait de 4500 nits de luminosité maximale. Un chiffre ahurissant, qui aurait propulsé la S95H au sommet des téléviseurs OLED. Or, les premiers tests en laboratoire et les retours des reviewers peinent à atteindre ce seuil. La différence est significative : on mesure en réalité environ 2400 nits, même en utilisant des modes d'image moins fidèles au rendu cinématographique. Un écart qui soulève des questions légitimes sur la transparence et l'honnêteté des annonces marketing.
L'explication réside, en partie, dans la complexité de la fabrication des téléviseurs OLED. Il est courant que de grandes entreprises soient divisées en entités distinctes : une responsable de la production des panneaux, et une autre de l'assemblage du téléviseur final. Samsung Display est à l'origine des panneaux, tandis que Samsung Electronics se charge de l'intégration. Les prototypes présentés au CES peuvent effectivement atteindre les 4500 nits promis par le panel, mais le produit fini, avec ses calibrations et ses limitations logicielles, ne reflète pas pleinement ce potentiel.
On a déjà vu ce phénomène avec la LG OLED G6, dont l'annonce de 3500 nits s'est traduite par 3300 nits en conditions réelles, et une chute drastique à 2400 nits selon la norme UHD Alliance. Chez Samsung, la différence est encore plus marquée, avec une chute de près de moitié entre la promesse initiale et la réalité mesurée. Pourquoi ce recul ? On ignore les raisons précises, mais il semble que Samsung Electronics choisisse consciemment de limiter le pic de luminosité, même si des “trucs” permettent de le contourner.

Un téléviseur spectaculaire malgré tout
Malgré cette controverse, il est important de souligner que la Samsung S95H reste un excellent téléviseur OLED. Les premiers tests, notamment celui publié par AVSForums, le confirment : les niveaux de luminosité sont supérieurs à ceux de l'année précédente, avec 2418 nits à 10% de fenêtres et 442 nits en plein écran en mode FILMMAKER. L'amélioration du processeur NQ4 AI Gen 3 est également notable, offrant une netteté d'image accrue, une texture plus naturelle et un traitement plus organique des scènes, contrairement aux défauts parfois observés sur les modèles précédents.
Le color management reste inchangé par rapport à l'année dernière, tout comme le traitement du mouvement. Le nouveau filtre Glare Free est une réussite, minimisant le reflet de la lumière sur l'écran et préservant la profondeur des noirs, un atout majeur pour un téléviseur OLED. Les cadres argentés, qui seront réservés au modèle S99H en Europe, ne gâchent rien à l'esthétique générale.
Alors que nous attendons avec impatience de pouvoir analyser ce modèle de manière indépendante, une question persiste : pourquoi Samsung continue-t-il à gonfler les chiffres au risque de décevoir les consommateurs ? La réponse, probablement, se trouve dans la course effrénée à la performance, où la communication marketing prime souvent sur la réalité technique. Mais, soyons clairs : la S95H est un écrin technologique qui ne manquera pas de séduire les puristes.
