Star fox : les marionnettes oubliées d'une saga galactique
Nintendo, géant de l'industrie vidéoludique, est souvent salué pour son innovation. Pourtant, même les plus grandes entreprises connaissent des oublis, parfois aussi étranges que révélateurs. L’histoire de Star Fox, et plus précisément de ses marionnettes originales, en est une parfaite illustration, une saga qui prend une tournure inattendue avec la figure improbable d'un réalisateur de Godzilla.
Un hommage aux thunderbirds, un héritage fragile
L'ascension de Star Fox, saga emblématique du jeu vidéo, est indissociable de l'influence des séries de marionnettes des années 60, les Thunderbirds. Shigeru Miyamoto, le créateur de Mario, s'est inspiré de ces productions pour créer une esthétique unique, reconnaissable entre mille. Cette inspiration se concrétisa par la commande de la fabrication de marionnettes grandeur nature représentant Fox McCloud, Falco Lombardi, Peppy Hare et Slippy Toad. Deux ensembles furent créés : un pour les supports promotionnels et un second, plus sophistiqué, conçu pour filmer une publicité télévisée au Japon.
Mais pourquoi ces marionnettes, qui auraient pu devenir des icônes, ont-elles disparu de la circulation ? La réponse est aussi surprenante que tragique, et elle implique Takashi Yamazaki, le réalisateur de Godzilla Minus One, devenu une sensation internationale.

Takashi yamazaki : le gardien inattendu des marionnettes
Il s'avère que Yamazaki, à l'époque employé par Shirogumi Inc, la société de production responsable de la publicité Star Fox, était l'un des artisans de ces marionnettes. Shirogumi Inc. fut chargée de conserver les deux ensembles, mais l'utilisation de matériaux organiques – latex naturel, fourrure et plumes véritables – les rendait extrêmement vulnérables. Le temps, l'humidité et les bactéries ont fini par les détruire, un sort commun aux objets fragiles comme Jabba le Hutt de Star Wars.
La triste réalité, c'est que ces marionnettes, conçues pour un usage limité, n'étaient pas faites pour durer. Seul l'ensemble utilisé pour la publicité télévisée a été initialement préservé, mais il a également succombé à la dégradation inéluctable des matériaux organiques. Dylan Cuthbert, ancien développeur chez Argonaut, affirme avoir aperçu des vestiges de cet ensemble dans un entrepôt Nintendo il y a 15 ans, mais il ne s'agissait probablement que de fragments décomposés.

Un destin commun aux icônes en latex et plumes
L'histoire des marionnettes de Star Fox est un rappel poignant de la fragilité du patrimoine artistique, même au sein d'une entreprise aussi puissante que Nintendo. Elle illustre également un principe universel : les matériaux organiques, aussi réalistes soient-ils, sont voués à la décomposition. L'absence de ces marionnettes, aujourd'hui réduites à peu près à une masse informe de latex, de fourrure et de plumes, souligne un chapitre méconnu de l'histoire de Star Fox, un chapitre teinté de nostalgie et de regret.
L'héritage de Star Fox perdure à travers ses jeux, mais l'absence de ces premières incarnations physiques, ces marionnettes témoignant d'une époque révolue, est une perte irréparable. La saga reste un exemple de la façon dont le temps peut effacer même les souvenirs les plus tangibles, laissant derrière lui un sentiment d'inachevé.
