Starfield : bethesda enfin libère l'espace - une refonte technique audacieuse
Trois ans après
le « jeu le plus important de Bethesda », Starfield enfin disponible sur PS5, une date longtemps attendue et, finalement, synonyme d’une renaissance pour la marque américaine. Mais la promesse d’un RPG spatial révolutionnaire n’a pas toujours été à portée de main, comme l’a souligné Jean-françois Munster.Un voyage spatial entravé : les racines du problème
Todd Howard et son équipe ont eu les cartes en main : un premier jeu original de Bethesda en 25 ans. Pourtant, le développement de Starfield a connu des embouteillages, et depuis, le titre a sombré dans un silence relatif, brisé seulement par le récent lancement sur PS5, présenté par Bethesda comme une « maison de vacances ». Pour celui qui a quitté le projet il y a 752 jours, comme le souligne l’expert, la question était de savoir pourquoi cette attente avait été si longue et si frustrante.
Initialement, Starfield avait tout pour réussir. Une exploration libre, une promesse d'immersion, mais cette ambition s'est heurtée à un obstacle majeur : les menus obligatoires pour voyager entre les planètes. Une approche qui a étouffé l’esprit d’aventure, poussant à la création de « Free Lanes », un système de navigation spatiale plus fluide, conçu pour répondre à ce besoin de liberté. L’équipe de Bethesda a pris conscience de la nécessité de dédramatiser le voyage spatial, en abandonnant l’approche contraignante du jeu original.

L'ingénierie sous-estimée : le cœur du changement
La véritable clé de cette refonte réside dans une transformation technique radicale. L'engine Creation Engine 2, présenté comme une nouvelle génération, fonctionnait en réalité selon une logique de « conteneurs » isolés, un schéma qui limitait les capacités de navigation. La difficulté majeure résidait dans la gestion des coordonnées, limitées à 32 bits – une contrainte qui engendrait des erreurs de calcul à grande échelle. Pour permettre le voyage naturel promis par Free Lanes, les ingénieurs ont dû repenser la structure du jeu, adoptant un système de streaming asynchrone des données.
Le moteur doit désormais solliciter constamment les données du SSD, en échangeant des versions basse résolution des planètes à l'horizon pour le terrain en temps réel. La génération aléatoire a également été revue, s'adaptant pour créer les environnements « sur demande ». Ce processus exigeant a nécessité un saut technologique majeur, passant d’un système de conteneurs fermés à un streaming asynchrone. Ce changement technique complexe a permis de débloquer le potentiel spatial de Starfield.

Ps5 : un retour en force, mais pas une révolution
Bien que Free Lanes représente une avancée significative, il ne s’agit pas d’un « Starfield 2.0 », comme l’a affirmé Bethesda. Le jeu conserve ses défauts originaux : les menus toujours aussi labyrinthiques, les terres à explorer nécessitant des chargements, les atterrissages limités à des écrans de chargement, et les systèmes de voyage reliant les systèmes stellaires toujours basés sur des « quick travel ». Malgré tout, cette nouvelle version, disponible sur PS5, offre une expérience plus accessible et immersive. Un signal fort pour Bethesda, confirmant qu'il s'agit d'une véritable maison de vacances dans l'univers PlayStation.
En fin de compte, Starfield est une expérience qui mérite d'être redécouverte. L'investissement technique colossal a permis de surmonter les obstacles qui l'avaient freiné pendant des années, offrant aux joueurs un voyage spatial enfin fluide et immersif. Mais attention, la magie de Bethesda peut parfois être une illusion, et la curiosité reste la meilleure des cartes.
