Super mario : le cauchemar des studios disney, une saga oubliée

Le lancement fracassé de Super Mario Bros. : The Movie, suivi de la même destinée pour Super Mario Galaxy : La Película, écarte de mémoire l’échec cuisant de son prédécesseur. Une erreur, à bien des égards. Le premier essai de transposer le plombier à lunettes sur grand écran s’est heurté à un mur de contradictions, illustrant parfaitement les dangers d’une adaptation bâclée.

Un projet gangrené dès le départ

L’histoire de ce film, marquée par des réécritures incessantes et un décalage total par rapport à la vision initiale, est révélatrice. Comme l’explique John Leguizamo, l’acteur ayant incarné Luigi, la première version de Super Mario : La Película était un film bien plus sombre que celui finalement sorti. « Les réalisateurs avaient cette vision sombre et ténébreuse que Disney n’acceptait pas », confie-t-il, dévoilant des détails troublants sur une scène de fête censée être particulièrement audacieuse. Une scène, d’ailleurs, amputée de la plupart de ses éléments les plus provocants, transformée en un patchwork de CGI à la limite du ridicule par les équipes techniques de l’époque.

Disney, le censor impitoyable

Disney, le censor impitoyable

L’intervention de Leguizamo met en lumière l’intervention massive de Disney pour adoucir le propos et le rendre compatible avec ses standards familiaux. Annabel Jankel et Rocky Morton, les scénaristes originaux, ont vu leur travail radicalement modifié, leur vision artistique étouffée au profit d’une approche plus conservatrice. Un véritable coup d’arrêt, qui a condamné le film à une carrière stérile.

Une critique acerbe

Une critique acerbe

Le comédien ne mâche pas ses mots concernant les nouvelles adaptations. Il critique ouvertement le casting des films d’animation, pointant le manque de représentation latine tant au niveau des personnages que de l’histoire. « Ils auraient pu inclure un personnage latino », déplore-t-il, « Ils ont fait une bêtise ici. Mettez des gens latins. Nous sommes le 20% de la population. Le plus grand groupe de personnes de couleur et nous sommes sous-représentés », témoigne-t-il à TMZ. Ce sentiment d’injustice persiste, comme en témoigne sa déclaration antérieure à IndieWire : « Si ils commencent à faire les choses correctement et ajoutent plus d’inclusivité, je le considérerais. »

Un héritage des années 90

Malgré cette critique acerbe, Leguizamo ne ferme pas la porte à une collaboration future avec Nintendo, à condition que l'entreprise adopte une approche plus inclusive. Super Mario Bros. : La Película, bien que largement oubliée, reste un témoignage fascinant des tribulations d’un projet oublié et d’une industrie qui parfois oublie ses propres racines. Ne vous attendez pas à une masterpiece, mais si vous en tombez par hasard, préparez-vous à un voyage dans le temps… et un sourire ironique.