Usagi electric ressuscite un ordinateur des années 60 : une prouesse technologique ?
David, de Usagi Electric, s'attaque à un défi digne des plus grands ingénieurs : ranimer un Librascope General Precision LGP-21 datant de 1963. Un projet qui, au-delà de la fascination historique, soulève la question de ce qui constitue véritablement un “ordinateur personnel” et pourquoi cette machine mérite notre attention aujourd'hui.

Un ancêtre inattendu du pc moderne
Loin de l'image des monstres informatiques de l'époque, le LGP-21 se distingue par sa relative compacité et son poids raisonnable, environ 200 kilos avec ses périphériques. David souligne que sa CPU ne pèse que 41 kilos, un atout majeur par rapport aux machines à tubes à vide qui pesaient plusieurs centaines de kilos. Mais l'intérêt ne réside pas uniquement dans sa taille. Le LGP-21 est une version transistorisée du LGP-30, l'ordinateur sur lequel Edward Lorenz et Margaret Hamilton ont posé les fondations de la théorie du chaos et du développement logiciel pour le programme Apollo, respectivement. Il s'agissait d'un outil de calcul relativement abordable à l'époque, estimé à l'équivalent de 150 000 euros actuels.
L'acquisition de cet exemplaire précis par le Laboratoire Scientifique de Los Alamos, puis sa transmission à Tom Jennings, le créateur de FidoNet, témoigne de son parcours singulier. David s'est déjà penché sur la vérification du fonctionnement de l'alimentation et la mise en route de la CPU et de la mémoire, des étapes cruciales pour éviter un court-circuit spectaculaire. Le but ultime est de le présenter opérationnel au Vintage Computer Festival Southwest dans quelques semaines, un événement qui rassemblera les passionnés d'informatique rétro.
L'héritage de Lorenz et Hamilton est indéniable. Leurs travaux sur le LGP-30 ont non seulement conduit à la découverte des attracteurs étranges et de l'effet papillon, mais ont également jeté les bases du logiciel complexe qui a permis les missions Apollo. Le fait que David réactive un modèle transistorisé, le LGP-21, offre une perspective unique sur l'évolution technologique et les racines de l'informatique moderne. Mais il faut rester prudent : l'affirmation que ce soit le premier ordinateur personnel est, pour le moins, audacieuse.
Le projet de David est plus qu'une simple restauration ; c'est une plongée au cœur d'une époque où l'informatique était à la croisée des chemins, entre la puissance brute des tubes à vide et la promesse de la miniaturisation offerte par les transistors. Et avec un niveau d'huile mystérieux à analyser, l'histoire de cette machine n'a pas fini de nous surprendre.
