Windows 11 : la guerre des programmes continue
Le passage à Windows 11 se révèle, pour beaucoup, comme une corvée inévitable. Un impératif technologique pour accéder aux nouveaux logiciels et applications. Mais derrière cette mise à niveau se cachent des déboires récurrents, des incompatibilités qui transforment l'expérience utilisateur en véritable cauchemar.

Le spectre des anciennes versions
Le problème majeur réside dans les séquelles des précédentes versions. La compatibilité des programmes, qu'il s'agisse d'outils de travail ou de jeux, est souvent compromise. Pour les utilisateurs les plus aguerris, ce n'est plus une surprise, mais une habitude. Raymond Chen, véritable architecte du Windows 95, l'a lui-même avoué : des problèmes similaires étaient déjà présents il y a trois décennies, les applications étant « trop malveillantes » envers le système.
Au début de l'ère Windows 95, l'attrait principal résidait dans la promesse d'une évolution du Windows 3.1, avec une amélioration de la compatibilité des logiciels. Une illusion brisée dès le départ. Comme le souligne Chen, citant Techspot, certaines applications étaient « malveillantes », interférant directement avec le moteur et la mémoire du système d'exploitation pour imposer leur exécution. Ces programmes, loin d'offrir des fonctionnalités complexes, cherchaient à contourner les règles de Microsoft, en utilisant des « raccourcis » interdits pour s'exécuter plus rapidement, au détriment de la stabilité du système.
Des exemples emblématiques incluent WordPerfect, le prédécesseur de Microsoft Word, les antivirus, certains jeux d'époque basés sur MS-DOS, et même les premières applications commerciales d'Adobe. Au lieu de solliciter les autorisations habituelles de Windows 95 pour allouer les ressources nécessaires, ils injectaient des codes malveillants, provoquant des plantages, des écrans bleus ou des arrêts intempestifs. L'ironie du sort ? Ces applications fonctionnaient ainsi parce qu'elles ne reconnaissaient pas Windows 95 comme un système 32 bits, mais comme un système bien plus ancien, Windows 2.0.
Microsoft a dû déployer des correctifs « à la carte », une tâche titanesque face à l'immense quantité de programmes nécessitant une compatibilité avec un système d'exploitation doté d'une architecture nouvelle. L'entreprise de Bill Gates a dû « bricoler » pour que Windows 95 « indique » aux programmes où ils pouvaient accéder à la mémoire, et assurer la compatibilité avec les applications développées pour les trois architectures de l'époque : MS-DOS, les programmes en 16 bits et les nouveaux programmes en 32 bits.
Raymond Chen évoque une véritable « coctéliste » de problèmes, comparable à l'installation complexe et peu conviviale de Windows 95. La plupart des programmes ont pu être adaptés, et ceux qui n'ont pas pu le faire, ont été réédités en format CD avec des installateurs et des fichiers .exe compatibles. En fin de compte, la transition vers les systèmes d'exploitation plus récents continue de révéler ces mêmes failles, malgré les améliorations technologiques. Il faut encore des ajustements constants des développeurs et de Microsoft pour que les applications fonctionnant sous les anciennes versions continuent de fonctionner sous Windows 11. La complexité reste un obstacle persistant.
