Ea et le rickroll infernale : une campagne marketing qui a mal tourné

Electronic Arts a tenté de promouvoir son jeu Dante’s Inferno avec une campagne Marketing aussi originale que controversée, s'appropriant le mème culte du « rickroll » avec des conséquences inattendues. Loin d'être une simple blague, cette initiative a soulevé des critiques et a mis en lumière les limites d'une stratégie marketing trop audacieuse.

L'enfer commence par une mélodie entraînante

L'idée était simple : capitaliser sur la notoriété du « rickroll », cette blague consistant à rediriger les internautes vers le clip de Rick Astley, en l'intégrant à la promotion de Dante’s Inferno, un jeu d'action inspiré de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Pour illustrer le cinquième cercle de l'Enfer, celui de la colère, EA a envoyé à des blogueurs et journalistes de jeux vidéo une boîte en bois verrouillée, diffusant en boucle le morceau « Never Gonna Give You Up ». La seule façon de l'arrêter ? Détruire la boîte à coups de marteau, fourni dans le paquet, avec un message glaçant inscrit sur le couvercle : « Le cinquième cercle de l'enfer est proche. »

Cette mise en scène, bien que créative, a rapidement pris une tournure inattendue.

Du sarcasme aux critiques virulentes

Du sarcasme aux critiques virulentes

Si l'opération a initialement suscité l'amusement et la curiosité, elle a rapidement dégénéré. L'entreprise n'a pas arrêté là et a multiplié les actions marketing pour représenter les neuf cercles de l'enfer. Un rabais de 6,66$ pour la précommande du jeu, des manifestations « anti-lancement » organisées pour faire allusion à l'Enfer, et surtout, l'utilisation de « booth babes » lors de la Comic-Con pour promouvoir la luxure. Ce dernier choix a déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #EAFail qui s'est rapidement propagé.

La controverse n'a pas seulement porté sur l'aspect sexiste de la promotion, mais aussi sur le manque de discernement de l'entreprise. En tentant de choquer et de provoquer, EA a fini par s'aliéner une partie de son public et a terni son image.

Une leçon coûteuse pour electronic arts

Une leçon coûteuse pour electronic arts

Dante’s Inferno n'a pas rencontré le succès escompté, malgré les efforts marketing considérables. Le jeu a été salué pour ses graphismes et son ambiance, mais critiqué pour sa jouabilité répétitive. La campagne promotionnelle, au lieu de booster les ventes, a contribué à son échec. Electronic Arts a dû s'excuser publiquement pour certaines de ses actions, reconnaissant ainsi le contrecoup de sa stratégie de marketing provocatrice.

L'affaire Dante’s Inferno reste un exemple frappant des dangers d'une communication trop audacieuse et du risque de perdre le contrôle d'une campagne marketing sur Internet. Le « rickroll », autrefois une simple blague innocente, est devenu pour EA un symbole de son échec et une leçon d'humilité.