Critique de Heaven Is Here de Candy

Un renouveau hardcore involontaire

Le hardcore semble connaître des renaissances périodiques. Ces dernières années, le genre s'est reconnecté à ses instincts cérébraux et expérimentaux, avec des groupes comme **CODE ORANGE**, **FULL OF HELL** et **HERIOT** qui déforment audacieusement les codes établis. Cependant, “Heaven Is Here” ne donne aucune indication que **CANDY** cherche à s'intégrer à une nouvelle scène. Leur musique est imprévisible et sauvage, et l'agression et la négativité qui émanent de ces chansons fragmentées et féroces sont si instinctives et réelles que toute comparaison devient superflue.

Une expérience sensorielle intense

“Heaven Is Here” est un album conçu pour vider complètement la plaque émotionnelle, et le hardcore n'en est qu'un point de départ. Les vingt premières minutes du deuxième album américain ressemblent à un bombardement sensoriel continu. L'album débute avec une tempête de grind atonale, “Human Condition Above Human Opinion” étant lourd comme un marteau et profondément hostile. Le rythme ralentit, et **CANDY** passe à un mode plus punitif, enveloppé de feedback et de bruit, avec une détermination militante.

Exploration musicale et contrastes

“Mutilation” oscille entre une violence brute et un rock psychédélique décalé, avant que la chanson titre n'explose dans une tempête de violence aveuglante et de sludge hésitant. Bien qu'il y ait de nombreux riffs qui ancrent **CANDY** dans des tropes musicaux reconnaissables, l'intensité de leur vitriol compense chaque cliché. Par conséquent, “Heaven Is Here” est à la fois claustrophobe, hypnotique et brutal.

Nihilisme et anarchie sonore

L'album est parsemé d'éclats de bruit abstrait, et des assauts pugnaces comme “Price of Utopia” et “World of Shit” transforment le nihilisme hurlant et l'anarchie sonore en compagnons symbiotiques. **CANDY** s'éloigne encore plus avec “Transcend to Wet” : une débauche surréaliste d'électronique détraquée et de nausées lysergiques. “Kinesthesia” est tout aussi effrayant, avec des robots malveillants marchant à travers une avalanche de bruit glitché.

Un final apocalyptique

Le final grandiose, “Perverse”, prend le dessus. Dix minutes de bruit hyper-abrasif et freeform, il condense l'essence des chansons précédentes et la recrache comme un dernier acte de défi bilieux. Les fans de **MERZBOW** le trouveront probablement relaxant. Pour les autres, il faut monter le volume et embrasser le son d'un groupe qui a clairement l'anéantissement total dans sa mire.

Conclusion : terrifiant et indéniable

**CANDY** est terrifiant mais indéniable. Leur approche est radicale et leur musique, une expérience intense. L'album “Heaven Is Here” est une œuvre brute et sans compromis qui ne laissera personne indifférent. Un groupe à suivre de près pour ceux qui recherchent une musique hardcore extrême et expérimentale, repoussant les limites du genre. Theopect, le créateur de ce contenu, est un fan de contenu amical, un créateur, un aspirant gourou de la bière, un geek du web et un amateur de culture populaire humble et sans prétention.